Nouvelle réglementation ergot : qu’est-ce que ça change ?

Un nouveau règlement(1) sur l’ergot des céréales entrera en application le 18 novembre 2015. 
 
Qu’apporte-t-il de nouveau ? 

Ce règlement étend le seuil réglementaire de 0.5 g de sclérotes d’ergot/kg(2) de grain à toutes les céréales destinées à l’alimentation humaine, alors qu’il ne concernait que le blé tendre et le blé dur auparavant. 
 
En plus de cet élargissement de la réglementation sur les sclérotes d’ergot, une vigilance sur les alcaloïdes (mycotoxines de l’ergot) est vivement recommandée par l’union Européenne. Une réglementation sur les alcaloïdes de l’ergot est prévue pour les récoltes de 2017.
 
L’ergot des céréales et ses alcaloïdes sont donc une préoccupation de santé publique pour les autorités. 
 
En quoi cela vous concerne-t-il ? 
 
Toutes les céréales contaminées par l’ergot pourront désormais être sujettes à des déclassements, y compris l’orge, le triticale et le seigle qui sont sensibles au pathogène. 
 
En 2014, 35% des parcelles céréalières françaises, toutes cultures confondues, présentaient des contaminations en ergot, pouvant induire jusqu’à 117€ de perte par ha due au déclassement (étude Arvalis - Adama 2014).
Une limitation des alcaloïdes de l’ergot dans les céréales transformées impliquera un contrôle plus rigoureux de l’ergot dans les récoltes pour éviter tout risque de dépassement des seuils dans les aliments transformés, plus nombreux et non nettoyables. Les risques de déclassement des récoltes et de pertes économiques à l’arrivée à l’organisme stockeur pourront être augmentés.
 
Dans ce cadre réglementaire, une vigilance et un contrôle de l’ergot en amont des récoltes est plus que jamais nécessaire pour limiter les contaminations avant l’arrivée du grain à l’organisme stockeur. Cette vigilance concerne toutes les céréales destinées à l’alimentation humaine, dont principalement le blé tendre, le blé dur, le seigle, mais également le triticale et l’orge.
 
Comment limiter la présence d’ergot dans les récoltes ? 
 
Afin de répondre à ces nouvelles exigences et de limiter les pertes économiques liées à l’ergot pour les organismes stockeurs et les céréaliers, les urées restent un outil essentiel, complémentaire de tous les leviers existants, pour lutter contre l’ergot des céréales (étude Arvalis - Adama 2013), en plus de leur importance dans les stratégies de contrôle du développement des résistances des adventices. 
 
 
(1) Règlement (CE)2015/19401, paru le 29 octobre 2015 au journal  officiel de l’Union Européenne, modifiant le règlement 1881/2006 relatif aux teneurs maximales de certains contaminants dans les denrées alimentaires.
(2) Ce seuil s’applique après les opérations de nettoyage tel que passage au nettoyeur séparateur, à la table densimétrique ou au trieur optique, mais avant les premières transformations autres que le séchage. Les opérations de nettoyage réduisent de manière importante les taux de contaminations en sclérotes et permettent de commercialiser sans risques des récoltes fortement contaminées au départ.
Limites Réglementaires Ergot

L’ergot des céréales et ses alcaloïdes sont considérés comme préoccupation de santé publique par les autorités.