Résistances aux herbicides: à chaque parcelle sa boite à outils !

La gestion du salissement se raisonne à la parcelle. À chaque situation son outil, et un même mot d’ordre : de l’agronomie !

Une résistance, c’est la capacité qu’a une adventice dicotylédone ou graminée à mettre en défaut l’efficacité d’un mode d’action herbicide. 
 
La simplicité, c’est celle avec laquelle une seule plante résistante aux herbicides parvient à se multiplier dans une parcelle. « Un seul pied de coquelicot par exemple produit de 50 000 à 100 000 graines. Il peut à lui seul permettre l’installation d’une population de résistants dans la parcelle en quelques années », déclare Jean-François Barot, chef marché herbicide chez Adama.
La simplicité, c’est également celle avec laquelle une parcelle peut passer d’une situation saine à une situation problématique. « Les rotations courtes, associées à la réduction du travail du sol, le recours excessif à un même mode d’action, conduisent à des salissements difficiles à maîtriser », explique Jean-François Barot.
 
La complication, c’est celle qui découle alors d’une vision trop simpliste du désherbage. La situation compliquée par excellence et régulièrement citée, est celle de la Grande-Bretagne, confrontée à de lourds problèmes de vulpins résistants. Les factures herbicides des agriculteurs anglais peuvent ainsi dépasser les 100 €/ha. Mais cela n’arrive-t-il qu’aux autres ? « Selon moi, nous avons quasiment atteint une situation identique en France, déclare Jean-François Barot. Entre 2005 et 2015, le coût du désherbage est passé de 49 à 72 €/ha en moyenne. »
 
Alors que faire pour maîtriser la situation ? 
 
« En premier lieu, c’est prendre conscience du phénomène de résistance », expose Jean-François Barot. Et s’il est quelque chose à savoir, c’est qu’une résistance peut exister au sein d’une population d’adventices avant même de rencontrer le moindre herbicide.
Comme ce phénomène est relié à une parcelle donnée, c’est à la parcelle-même que la bonne gestion des herbicides doit s’appliquer. Et pour éviter d’exercer une trop forte pression de sélection, l’une des règles est d’alterner les modes d’actions herbicides. Concrètement, il peut être simple de limiter la résistance en combinant deux outils, gratuits et faciles d’utilisation. L‘un est le « HRAC » qui identifie chaque mode d’action d’un herbicide par un code. L’autre est un simple « cahier de plaine » qui liste l’historique des traitements réalisés par parcelle. 
 
Ensuite, une gestion éclairée consiste à utiliser toute la palette d’outils disponibles selon la situation. « Dans une parcelle sale, le désherbage d’automne doit être privilégié. Il peut même intervenir en deux passages, l’un dès le semis réalisé et l’autre en post levée », expose le chef produit. En faible infestation d’adventices, le passage peut alors attendre la sortie d’hiver. Une méthode aussi intéressante pour étaler le travail !
 
Et le mot de la fin, c’est l’agronomie« Derrière le raisonnement herbicide, c’est l’agronomie qui doit rester présente, avec des rotations et un travail du sol adaptés », souligne Jean-François Barot.
Coquelicots dans champ de céréales

La résistance est liée à une parcelle donnée, c’est donc à la parcelle-même que la bonne gestion des herbicides doit s’appliquer