Le dossier d’homologation se plie en quatre

Comment est constitué le dossier d’homologation ? Il s’articule autour de quatre grandes parties, sur les thèmes des dangers et risques ainsi que de l’efficacité biologique de la préparation.

Tout d’abord, la caractérisation du produit est mise en avant. « La caractérisation physico-chimique de la formulation est évaluée. Il s’agit en réalité de la liste des éléments qui composent le produit reste confidentielle. En revanche, elle doit être transparente vis-à-vis des autorités », souligne Marie Luciot, responsable homologation chez Adama.

Ensuite, une grande partie du dossier – la moitié, selon l’UIPPse consacre à la santé humaine. Connaissez-vous la différence entre un risque et un danger ? Le danger est lié aux caractéristiques intrinsèques de chaque substance, mais il n’y a risque que s’il y a exposition significative à ce danger. Exemple avec le soleil : A faible dose il ne présente pas de risque, il est même bénéfique. Au contraire à forte dose, il peut entraîner des coups de soleil, voire des cancers cutanés. Pour maîtriser ce risque, il faut prendre des précautions : limiter l’exposition, rester à l’ombre et se protéger.

Une utilisation encadrée et maitrisée

Pour un produit phytopharmaceutique, c’est la même chose ! Ils doivent être évalués par rapport aux risques qu’ils peuvent engendrer et non pas uniquement sur les dangers potentiels qu’ils peuvent représenter. De ce fait, leur utilisation est encadrée et maîtrisée pour réduire au maximum les expositions. Le dossier évalue les risques en combinant danger-exposition dans les conditions d’utilisations revendiquées pour le produit.

Les études concernent à la fois l’opérateur, le travailleur, les riverains, mais aussi le consommateur.

        

L’environnement, 40 % du dossier d’homologation

L’environnement n’est pas en reste : il occupe 40% du dossier d’homologation. D’après l’UIPP, seule une molécule sur 150 000 satisfait les critères d’évaluations sur le plan environnemental. L’attention se porte sur les eaux souterraines ou de surface, et sur les organismes non cibles comme les algues, les micro-organismes, les auxiliaires, les abeilles, les arthropodes, les oiseaux et les mammifères.

Enfin l’efficacité agronomique ne représente que 10% de l’étude. « Elle vise à prouver l’efficacité du produit mais également la pertinence de l’homologation, comme une absence de résistance par exemple », précise Marie Luciot. Elle rajoute que « l’efficacité doit être avérée sur le végétal avec un minimum d’apport de matière active. Cela passe par l’amélioration de la formulation. Mais aussi par une plus grande technicité des matériaux d’application comme la limitation de la dérive ou une meilleure atteinte de la cible. Avec pour objectif de limiter l’action sur l’applicateur. »

Les bonnes pratiques sont également évoquées. « Une mention précise le type d’EPI à porter, combinaison, gants, etc… suivant la phase de de risque de contact : préparation de la bouillie, application, nettoyage du matériel, dans le souci de protéger le manipulateur du produit », conclut Marie Luciot.

Et vous, aviez-vous imaginé que votre produit de protection des cultures suive un tel parcours ?

Pile de classeurs homologation substance active